{"id":433,"date":"2007-01-20T12:37:22","date_gmt":"2007-01-20T11:37:22","guid":{"rendered":"http:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/?p=433"},"modified":"2019-01-10T21:14:32","modified_gmt":"2019-01-10T20:14:32","slug":"433","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/index.php\/2007\/01\/20\/433\/","title":{"rendered":"\u00c9crivain du charbon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u201c\u00c9<\/strong>crivain du placard\u201d, je le suis sans conteste (cf. <a href=\"http:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/index.php\/2005\/04\/13\/ecrivain-du-placard-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">MERCREDI 13 AVRIL 2005<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je dois aussi me reconna\u00eetre cette autre identit\u00e9\u00a0: \u00e9crivain du charbon. Du moins, \u00e0 en croire ceux pour qui aller au-devant du public revient \u00e0 se salir les mains.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px; text-align: left;\"><em>\u201cVous avez devant vous les gens qui passent, qui prennent vos bouquins comme \u00e7a. Alors ils sont l\u00e0, avec le bouquin. Vous \u00eates l\u00e0. Il y a la photo sur le bouquin, donc ils comparent vaguement si vous \u00eates mieux ou moins bien. Ils tournent et puis ils commencent \u00e0 le lire. Et puis apr\u00e8s ils sont g\u00ean\u00e9s, alors vous avez en face de vous quelqu\u2019un qui est g\u00ean\u00e9. Vous \u00eates vous-m\u00eame hyperg\u00ean\u00e9. Alors il ne sait pas s\u2019il doit le reposer ou s\u2019il doit\u2026 Il y en a, je suis s\u00fbre, qui ne l\u2019ach\u00e8tent que parce qu\u2019ils n\u2019osent pas le reposer. C\u2019est horrible, horrible. Non seulement \u00e7a n\u2019a aucun int\u00e9r\u00eat, mais c\u2019est humiliant. Je d\u00e9teste \u00e7a\u2026\u201d<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Les Salons du Livre selon Brigitte Giraud<\/em>,<em>Le Nouvel Observateur<\/em>, 31 ao\u00fbt 2006<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l\u2019a compris, ce n\u2019est pas parce que Brigitte mange de la t\u00eate de veau qu\u2019elle estime devoir c\u00f4toyer les b\u0153ufs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-434 size-medium\" src=\"http:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons-216x300.jpg\" alt=\"Salons du livre\" width=\"216\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons-216x300.jpg 216w, https:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons-768x1064.jpg 768w, https:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons-739x1024.jpg 739w, https:\/\/auteur-ecrivain.marhic.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Salons.jpg 1260w\" sizes=\"auto, (max-width: 216px) 100vw, 216px\" \/><\/a>Chaque ann\u00e9e, je signe plusieurs centaines de mes ouvrages dans de grands et petits lieux \u2013 parcs d\u2019expositions parisiens ou salles polyvalentes de village. Il est vrai que l\u2019exercice est p\u00e9rilleux. Comme l\u2019a bien remarqu\u00e9 Brigitte Giraud, l\u2019\u00e9crivain se trouve alors confront\u00e9 \u00e0 cette \u00e9trange esp\u00e8ce\u00a0: le lecteur. Esp\u00e8ce qui, la chose ne lui a pas plus \u00e9chapp\u00e9, se montre capable de tout \u2013 allant, aux pires extr\u00e9mit\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 se saisir des \u201cbouquins comme \u00e7a\u2026\u201d\u00a0; \u201chorrible, horrible\u201d, n\u2019est-ce pas\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, le lecteur est cela, ce charbon ardent. Cyclique, pour une farce\u00a0! Capable, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, d\u2019un salon l\u2019autre, de revenir vers l\u2019\u00e9crivain, de lui dire quoi ou qu\u2019est-ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lecteur en empathie\u2026 Ainsi souvent de mes Lutins\u00a0: l\u00e0, en rem\u00e8de \u00e0 l\u2019insomnie \u2013 \u201c<em>Pour m\u2019emdormir, un p\u2019tit lutin, \u00e7a me fait du bien, vraiment<\/em>\u201d \u2013 ici, infestant les repas de famille \u2013 \u201c<em>On en parle au dessert, vous savez\u2026<\/em>\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lecteur qui n\u2019est pas entr\u00e9\u2026 Ainsi parfois de mes romans\u00a0: \u201c<em>Votre bouquin, l\u00e0, j\u2019ai rien compris\u2026<\/em>\u201d \u201c<em>Vous \u00e9crivez bizarrement\u2026<\/em>\u201d Et m\u00e9diter alors l\u2019avertissement terrible d\u2019un Jean-Fran\u00e7ois Kahn\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: left; padding-left: 30px;\"><em>\u201cCela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d\u2019\u00e9criture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui aime ces phrases cic\u00e9roniennes, c\u2019est-\u00e0-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout int\u00e9grer que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S\u2019il y a huit ou neuf mots apr\u00e8s le sujet, eh bien il faut r\u00e9p\u00e9ter le sujet. Les gens ne connaissent plus beaucoup des mots que nous employons. [\u2026] Beaucoup de gens de moins de 40 ans n\u2019ont plus les r\u00e9f\u00e9rences d\u2019avant. Je re\u00e7ois des lettres de lecteurs qui me disent qu\u2019ils ne comprennent pas tout ce que j\u2019\u00e9cris. J\u2019avais parl\u00e9 du boulangisme, en r\u00e9f\u00e9rence au g\u00e9n\u00e9ral Boulanger, ils pensaient que j\u2019\u00e9voquais un p\u00e2tissier.\u201d<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/web\/article\/0,1-0@2-3236,36-996204,0.html\">Le Monde<\/a><\/em>, 6 janvier 2008<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201c\u00c9crivain du charbon\u201d, oui, pas de doute\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201c\u00c9crivain du placard\u201d, je le suis sans conteste (cf. MERCREDI 13 AVRIL 2005). Je dois aussi me reconna\u00eetre cette autre identit\u00e9\u00a0: \u00e9crivain du charbon. 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